Buteur samedi, Nicolas Anelka a permis aux Bleus de faire un pas vers le Mondial, mais il sait que rien n’est acquis. Interview.
Nicolas Anelka après son but à Dublin © AFP/Franck Fife
Titularisé sur la droite, l’attaquant de Chelsea a pris la liberté de revenir dans l’axe pour peser sur le jeu et faire basculer la rencontre. En quête d’une première participation à une Coupe du monde, Anelka reste méfiant avant le match retour face à l’Irlande, mercredi 18 novembre au Stade de France.
Racontez-nous votre but...
Nicolas ANELKA : C’est Gourcuff qui me passe la balle, je contrôle, je ne suis pas loin de l’entrée de la surface. Je n’ai pas grand-chose à faire, je décide de tirer. La balle est contrée et elle rentre, tant mieux.
Vous avez alors exprimé une grande joie, ce qui n’est pas votre habitude...
Nicolas ANELKA : C’est un match important ! Je sais que par rapport à mes coéquipiers, c’était une délivrance de marquer ce but à l’extérieur.
Comment décririez-vous votre position sur le terrain ?
Nicolas ANELKA : J’ai joué à droite, et j’ai joué par rapport à ce qui se passait sur le terrain. Thierry et moi, on a senti qu’il fallait décrocher pour toucher des ballons. C’était difficile en première mi-temps pour moi de rester ’en pointe’, c’est-à-dire sur le côté à droite. Donc j’étais obligé de revenir vers l’axe, de dézoner pour toucher le ballon et faire des décalages, sinon je ne sers à rien. C’est un minimum d’intelligence sur le terrain : que j’aille à côté de Lassana ou même Titi, c’est pour essayer de débloquer la situation, parce qu’on n’a pas eu beaucoup d’occasions.
Cela venait de consignes du sélectionneur ?
Nicolas ANELKA : Non, c’est moi. On est sur le terrain, on sait ce qu’on a à faire. Je fais en fonction de ce qui se passe sur le terrain.
Pourquoi les Bleus ont-ils été meilleurs en seconde période ?
Nicolas ANELKA : On ne savait pas très bien comment gérer au début. Ils nous ont pressés, donc on avait des difficultés à développer notre jeu. Mais même si on a mal joué, on n’a pas pris de but. On savait tous qu’on ne faisait pas un match extraordinaire, on s’est parlé à la mi-temps : il fallait qu’on n’ait pas peur de jouer. Le coach nous a dit de nous relâcher et de jouer.
Etiez-vous énervés à la mi-temps ?
Nicolas ANELKA : Non, même si on n’a pas fait une très bonne première mi-temps, on n’a pas pris de but, et il restait 45 minutes pour faire la différence, et on l’a faite.
A quoi vous attendez-vous mercredi ?
Nicolas ANELKA : Ce sera un match spécial aussi, parce qu’on ne sait pas trop ce qu’on doit faire... si on doit attaquer ou gérer le score... Mais je pense qu’on va jouer pour la gagne, comme ça on ne se mettra pas en danger.
C’est tout de même bien engagé pour vous...
Nicolas ANELKA : Même s’il n’y a pas un grand pourcentage favorable pour l’Irlande, il y a des scénarios qui peuvent changer en moins de cinq minutes. Tout peut arriver dans le football. Il ne faut pas s’enflammer, on sera content quand on sera qualifié pour la Coupe du monde.
Après avoir raté trois Coupes du monde, celle-ci vous tient particulièrement à cœur ?
Nicolas ANELKA : J’ai envie de la faire comme tout le monde. Ce n’est pas parce que j’en ai loupé que je me défonce plus que les autres. Même si j’en avais déjà fait une, je me défoncerais de la même façon. Les Coupes du monde manquées, ça fait partie de la vie d’un footballeur. J’ai su passer à autre chose et rebondir en club. Si j’avais pensé à tout ce que j’ai loupé, je ne serais pas là.
La Coupe du monde, est-ce un rêve pour vous ?
Nicolas ANELKA : Non. C’est un grand tournoi. C’est toujours bien d’en jouer une, mais ça reste un tournoi.
Vous êtes désormais considéré comme un cadre de l’équipe...
Nicolas ANELKA : Je n’essaie pas d’être un cadre, je suis moi, comme d’hab’, mais par mon expérience et mon nombre d’années en équipe de France, j’accepte. Les joueurs savent qu’ils peuvent avoir confiance en moi et me parler.
C’est agréable d’être consulté, notamment par les jeunes ?
Nicolas ANELKA : Ils ne me consultent pas, ils parlent avec moi. Je ne suis pas de la même génération mais j’ai la même mentalité qu’eux.
Les derniers commentaires ( Nombre de commentaires )
cliquez ici

Le journal de MARTINIQUE
