A deux jours du match décisif contre la Serbie, l’ambiance n’est pas très sereine au sein de l’équipe de France.
La France est dans l’expectative après son match nul contre la Roumanie (1-1). Dans l’obligation d’aller s’imposer à Belgrade, mercredi, le groupe tricolore ne vivrait pas dans une ambiance sereine. La rupture entre les joueurs et le sélectionneur, Raymond Domenech, ne semble cependant pas d’actualité, Thierry Henry ayant réfuté tout différend.
« Pas de clash »
Sur TF1, Thierry Henry a déclaré qu’il n’avait pas "remis en cause les qualités" de Raymond Domenech après que le quotidien Le Parisien a affirmé lundi que le capitaine de l’équipe de France avait critiqué vendredi devant le groupe et l’encadrement la gestion du sélectionneur. "Vendredi soir, il ne s’est rien passé, a expliqué Henry. Il y a eu une discussion comme il peut y en avoir souvent entre le groupe et un entraîneur. C’était une discussion constructive qui doit rester entre le coach et le groupe. Je n’ai pas remis en cause les qualités du coach. Il n’y a pas eu, comme on me l’a fait dire, de clash." "Quand on est sorti de la discussion, tout le monde était heureux, a-t-il ajouté. On l’a vu contre la Roumanie. Il y a eu de l’allant, du jeu."
"Coach, là, je parle au nom du groupe. Nous aussi, on reste sur notre faim. On s’ennuie pendant vos entraînements. Cela fait douze ans que je suis en équipe de France, jamais je n’ai été dans cette situation. On ne sait pas comment jouer, où se situer, comment s’organiser. On ne sait pas quoi faire. On n’a aucun style, aucune idée directrice, aucune identité. Ça ne va pas." On le connaissait plutôt calme et posé mais Thierry Henry s’est lâché quelques heures avant le match contre la Roumanie. C’est en tout cas ce que rapporte Le Parisien dans son édition de lundi. Cette prise de parole de l’attaquant français aurait fait suite à une nouvelle provocation de Raymond Domenech qui aurait demandé à ses troupes de se montrer meilleures à l’entraînement qu’elles ne l’avaient été la veille. "Hier, je suis resté sur ma faim. Je n’ai pas vu des mecs qui avaient envie, qui étaient à fond", aurait en effet critiqué le coach tricolore.
Le capitaine de l’équipe de France, Thierry Henry, le 5 septembre 2009 au Stade de France © AFP
Foudres de « Titi »
Une petite phrase assassine qui n’a pas manqué de déclencher les foudres de "Titi" qui, plus tôt, avait déjà déclaré en conférence de presse : "Depuis que le coach est en place, on a toujours eu des difficultés". Dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Il a fallu une bonne dose de courage à l’ancien attaquant d’Arsenal pour remettre ainsi en question le leadership de Raymond Domenech. Pour Robert Pirès, qui a joué quelques matchs sous l’ère Domenech, ce clash est une bonne chose : "Il fallait que les choses soient dites. Domenech n’est pas un bon entraîneur." Lui non plus n’est pas tendre avec le sélectionneur tricolore. Il estime même qu’au vu de ses qualités, "c’était un accident" si les Bleus ont atteint la finale du Mondial 2006.
Mais il n’y a jamais de fumée sans feu. Si Thierry Henry s’en est pris à Raymond Domenech, c’est que l’exaspération du groupe a atteint un niveau trop élevé. Il faut dire que le sélectionneur n’a pas su, depuis juillet 2004, début de sa "mandature", géré ses troupes dans une ambance sereine. Il s’est tout d’abord brouillé avec certains joueurs comme Robert Pirès, Philippe Mexès ou encore Florent Malouda. Des tensions qui ont inévitablement pollué l’état d’esprit du groupe. Et puis, il y a eu les prestations médiatiques déplorables. On se souvient évidemment de la désormais célèbre demande en mariage à Estelle Denis après la défaite française en finale du Mondial face à l’Italie ! Enfin, les résultats qui, eux, n’ont pas franchement ébloui en cinq ans de présence à la tête du groupe France. Dès lors, comment ne pas s’interroger sur les capacités de Domenech à diriger cette équipe ? Comment, dans ces conditions, mener les Bleus jusqu’en Afrique du Sud ?
Vague de pessimisme
A la Fédération française de football, on ne cille pas. A l’image de son président, Jean-Pierre Escalettes, qui a réitèré sa confiance en Domenech. "Quel que soit le scénario en Serbie. Je répète oui, oui, oui, il faut le dire trois fois, puisque le conseil fédéral lui a donné pour mission de nous qualifier et je répète que, même s’il faut qu’on se qualifie par les barrages, c’est la mission de Raymond Domenech et il faut qu’il aille au bout et il ira au bout", a-t-il déclaré sur RTL. Reste que ce dernier avait également fait part de ses craintes avant la rencontre face à la Roumanie : "Mon inquiétude est très importante (...) Je vois qu’en Ligue 1 on se met à marquer des buts. J’aimerais que l’équipe de France se mette à en marquer aussi".
C’est donc un soutien en demi-teinte que celui d’Escalettes à Raymond Domenech. Car le président de la FFF n’ignore pas que la fracture est bel et bien là. La collaboration entre le sélectionneur et son effectif est réellement en danger. Et alors que la mission des Bleus s’annonce particulièrement compliquée, on peine à imaginer l’équipe de France, dans ces conditions, décrocher son sésame pour le Mondial. Certains, touchés par cette vague de pessimisme, se projettent même plus loin, laissant de côté le Mondial, comme un objectif inatteignable. Et déjà des noms circulent sur l’identité du futur remplaçant de Domenech. Blanc, Deschamps, un ticket Houiller-Boghossian et bien d’autres encore. La fin de l’ère Domenech est peut-être proche. C’est en tout cas ce que beaucoup espèrent.
Domenech élude... comme d’habitude
Critiqué par la presse et même apparemment par certains joueurs, Raymond Domenech a qualifié de "super" et "exceptionnelle" l’ambiance au sein de l’équipe de France de football. "Ce qu’on vit ces jours-là avec les discussions, les débats, les à-côtés de la vie du football qu’on arrive à créer, ça donne une ambiance exceptionnelle", a ajouté le sélectionneur national. "L’essentiel, c’est que, sur le terrain, ça se confirme et quand j’ai vu ce que j’ai vu samedi personne ne peut douter que dans ce groupe-là il y a une âme et une vraie envie."
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