Stéphane Caristan est le préparateur physique de Jean-Marc Mormeck depuis trois mois - © Outremer 1ere
A une semaine du plus grand défi de sa carrière, Jean-Marc Mormeck a offert à son public et aux médias, une séance d’entraînement au palais omnisport de Thiais. L’occasion d’y retrouver une ancienne gloire de l’athlétisme français Stéphane Caristan devenu préparateur physique du boxeur.
"J’ai été incorporé à l’armée en novembre 1985. C’était le jour du premier combat de Jean-Marc… (sourires) De Mike Tyson". Le lapsus est révélateur et fait sourire Stéphane Caristan, 47 ans. Le préparateur physique personnel de Jean-Marc Mormeck depuis le mois de septembre est un passionné de boxe. "Dans les années 80, j’étais fan de Mickaël Jordan et de Mike Hagler (boxeur américain champion du monde des poids moyens entre 1980 et 1987), et puis j’ai suivi la carrière de Tyson. Je me levais tôt pour ses combats. J’ai suivi son histoire jusqu’à sa pathétique fin de carrière", raconte l’ancien recordman d’Europe du 110 mètres haies. Une carrière entière dans l’athlétisme à collectionner des titres (champion du monde en salle du 60 mètres haies en 1985, champion d’Europe du 110 mètres haies en 1986), à entraîner des athlètes comme Christine Arron ou Marc Raquil et puis un départ brutal en septembre 2010.
Des divergences sur la façon de travailler qui l’ont fatiguées. Il s’est tourné vers le tennis et l’académie du Perreux-sur-Marne dans le département du Val d’Oise. C’est là qu’il fait la rencontre de Jean-Marc Mormeck. "Un de ses amis était licencié au club. Ils étaient venus taper des balles après un de ses combats. Le directeur sportif du club m’a averti de la présence de Jean-Marc. L’idée d’une collaboration est née entre deux balles. On a envisagé une rencontre pour parler de la préparation de son combat en juin, date à un moment évoquée. On s’est vu en mars, on s’est raconté nos histoires respectives. On a commencé à travailler en mai, les combats n’étant pas fixés, tout a été décalé. Je lui ai fait un programme pour l’été et il est revenu vers moi en septembre en me disant qu’une date avait été fixée", retrace l’Antillais.
Un défi
La préparation physique, Stéphane connaît bien. Il l’a fait pour le tennis, pour la boxe maintenant, mais aussi pour le foot (SCO d’Angers de 2004 à 2006).
Mormeck et Caristan, un duo qui a bien fonctionné - © Outremer 1ere
Avec Jean-Marc, sa recette est simple : le canaliser pour qu’il soit prêt le jour J. "Il est à fond tout le temps, Jean-Marc a 39 ans, mais 20 ans dans sa tête. Dès qu’il y a un challenge à relever ou un truc de fou à faire, il est là. Moi, j’ai essayé de lui faire comprendre que le jour où il fallait se dépenser à tous les niveaux, c’était le 10 décembre", explique-t-il. Au menu de ces trois mois de collaboration, de l’aérobie, un travail axé sur la puissance et l’explosivité, "du travail en côte" et un constat, "Jean-Marc est prêt, il l’est quasiment depuis début novembre". La séance ouverte au public à Thiais ce samedi 3 décembre ne sert qu’à illustrer la préparation. "Aujourd’hui, on peaufine". Micro à la main, il décrit chaque exercice à un public venu nombreux dans la salle du palais omnisport de Thiais, raconte les séances passées. L’homme est à l’aise. Son rôle de consultant pour Orange lors des compétitions d’athlétisme a du l’aider.
Mais l’engouement autour du combat du 10 le dépasse un peu. Habitué à l’ambiance du tartan, il découvre l’univers de la boxe. "Depuis un mois, il ne se passe pas une séance sans que la presse soit présente. En plus c’est les lourds, la catégorie reine. C’est une référence. Le 100 mètres est la référence de l’homme le plus rapide, l’haltérophilie, celle de l’homme le plus fort. La boxe est celle de l’homme le plus courageux. Il faut affronter un homme et se taper dessus. Quand je vois les entrainements, je vois qu’il en veut toujours", indique-t-il. Dans son ensemble "Team Mormeck" gris, il avoue être "impressionné" par l’enjeu. Ce titre des lourds face à Wladimir Klitshcko est "un sommet" pour Jean-Marc. Peut-être pour lui aussi. Il a entrainé des athlètes pour de grandes échéances, "c’est pour ça que le courant est bien passé entre nous". "Quand il parle, je sais de quoi il parle, et quand je parle, il m’écoute", note-t-il.
Pas le droit à l’erreur
Face au géant ukrainien, le Martiniquais est conscient que la marge de manœuvre de son boxeur sera réduite.
La salle de sport de Thiais transformé en salle d’entraînement pour Mormeck - © Outremer 1ere
Ca fait parti de son travail de le préparer pour ce combat. "Sur les images que j’ai vue de Klitschlo, il éprouve beaucoup de respect pour Jean-Marc, ce n’est pas bon signe. Il va se préparer pour affronter un champion", prévient-il. Chaque détail comptera. "C’est pareil en athlétisme ou au tennis qui sont des sports individuels. Les temps de réaction sont très courts. J’ai porté son attention sur le moindre détail, il ne faudra pas laisser d’ouverture".
Cette préparation physique terminée, la semaine précédant le combat va être destinée à l’approche mentale de l’événement. "Tout ce qu’il m’importe, c’est qu’il puisse réaliser son projet". Et l’après-combat ? "On ne s’est pas projeté, je crois savoir qu’il a signé pour plusieurs matches, mais c’est lui qui décide. Dans son entourage, il y a beaucoup de fluctuations. Si j’ai la chance d’être de la prochaine aventure, je le ferai avec la même passion que la première. Car au-delà de la relation athlète-entraîneur, il y a une histoire, une aventure humaine qui s’est passée entre lui et moi. Et ça, c’est une richesse incommensurable".
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