L’équipe de France qui démarre samedi le championnat du monde de basket-ball en Turquie a dû faire sans ses stars de la NBA. Tentatives d’explications.
Ronny Turiaf et Tony Parker en civil entourent Thierry Henry avant le match Etats-Unis - France à New York. Vincent Collet les aurait sûrement préféré en tenue - DON EMMERT ©AFP
Rodrigue Beaubois, Ronny Turiaf, Johan Petro, Michaël Piétrus, Tony Parker, Joakim Noah… une sélection composée de tels joueurs aurait fière allure. Mais voilà, ce sont pourtant autant de grands noms qui n’évolueront pas sous les couleurs de l’équipe de France du 28 août au 12 septembre. La faute aux blessures pour certains (Rodrigue Beaubois), à la fatigue pour d’autres (Tony Parker) et carrément à la négociation de contrat pour Joakim Noah. L’argent, le nerf de la guerre et la toute puissance de la NBA oblige les sélections et les joueurs à s’adapter aux desiderata des clubs nord-américains. Des sommes colossales sont en jeu et les propriétaires des franchises savent mettre la pression sur leur joueur au moment des renégociations de contrat. "La NBA est plus puissante que la FIBA qui ne peut pas régir la NBA ! Quand une franchise paie un joueur 12 millions de dollars la saison, elle peut lui mettre une certaine pression pour qu’il ne vienne pas" confirme Vincent Collet, sélectionneur de l’équipe de France, victime collatérale de ce chantage au portefeuille.
La NBA trop puissante
La toute puissante ligue nord-américaine de basket-ball et son grand patron David Stern dirige donc d’une main de fer le basket mondial. Les millions de dollars de contrats s’ajoutent à une compétition éprouvante qui compte 82 matches de saison régulière étalés sur six mois, sans oublier d’éventuels playoffs pour les 16 meilleures équipes de la Ligue. Au total, un champion NBA a disputé une centaine de matches dans une saison. Les clubs sont généralement peu enclins à libérer leur joueur pour une autre compétition dans laquelle il n’y a pas de business à exploiter, augmentant un peu plus le risque de blessures. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé à Rodrigue Beaubois la veille du premier match de préparation des Bleus face à la Tunisie. Une mauvaise nouvelle accueillie avec recul par le propriétaire de Dallas, Mark Cuban : "ça arrive. Il devrait être de retour pour le début de la saison" avait-il commenté au Dallas Morning News. Pourtant il existe bel et bien un accord entre la Fédération Internationale de Basket-Ball (FIBA) et la NBA qui vise à faciliter la libération des internationaux, mais il n’existe aucun moyen coercitif obligeant les franchises à respecter leur engagement.
Un Mondial pas assez vendeur ?
Contrairement au championnat d’Europe de l’année prochaine, ce Mondial situé à mi-chemin entre les deux JO n’est pas qualificatif pour Londres 2012. Pour des joueurs déjà ultra sollicités par leur équipe, l’été est souvent la période qui permet aux organismes de souffler. La FIBA en n’attribuant pas de places qualificatives pour les Jeux olympiques, sommet d’une carrière pour un joueur, même NBA, a sacrifié l’intérêt d’une compétition qui est un "truc fabuleux" déclarait Patrick Beesley, le directeur de l’équipe de France, dans le Maxi Basket d’août-septembre. L’amour du maillot n’est pas à remettre en cause, mais la part d’individualisme dans une Amérique toujours prompte à mettre en avant l’individu doit forcément entrer dans la réflexion des joueurs… Toutefois, tous ceux qui ont décliné la sélection cette année ont plus ou mois promis d’être présent en 2011 pour le championnat d’Europe, antichambre qui mène aux JO de Londres 2012. En attendant, Vincent Collet va devoir composer avec une équipe bis et essayer de tirer le meilleur d’un groupe qui a montré ses limites lors de la préparation avec cinq défaites en sept matches.
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