Marc Raquil, champion d’Europe sortant, a quitté le tartan pour un siège de consultant sur une chaîne de télévision. Il ne désespère toutefois pas rechausser les pointes pour un ultime tour de piste.
Marc Raquil à Monaco en 2006 pour l’un de ses derniers 400 mètres avant la cascade de blessures - PASCAL GUYOT ©AFP
Il attendait souvent la dernière ligne droite pour remonter tous ses adversaires et remporter la course. Ce fameux dernier 100 mètres d’un tour de piste qu’il commençait piano avant de tout donner sur la fin, quitte à perdre technique et repères pour ne garder que la hargne et l’envie. A Göteborg, Marc Raquil, 33 ans, est devenu champion d’Europe en suivant ce schéma de course qui n’appartient qu’à lui. Quatre ans après, le Martiniquais n’a plus que les souvenirs, la faute à ses deux mollets scarifiés après son opération de décembre dernier. Rangé de la piste et marié depuis septembre 2009 à une Niçoise, il vit sur la Côte d’Azur, ses courses laissant place à une promenade, celle des Anglais. L’ancien détenteur du record de France n’a pourtant pas abandonné l’idée de revenir sur le tartan pour les championnats du monde en 2011. De son fauteuil de consultant pour Eurosport durant ces championnats d’Europe à Barcelone, l’adrénaline du commentaire en direct ne remplacera jamais celui du tour de piste. "Comme derrière Leslie Djhone, les chronos français sur 400 sont assez moyens, je rêve de revenir lors de ce rendez-vous", a-t-il confié à l’agence Reuters, avant d’ajouter que "refaire juste une petite compétition serait un vrai plaisir. Mon coeur et mes cuisses seront capables de refaire 47 secondes. Mes mollets ? Je ne sais pas encore".
Toujours jeune… dans sa tête
De Marc Raquil, on se souvient de ses retours à l’arrachée, mais aussi d’un sourire, large, plein de malice, d’une insouciance et d’une bonne humeur communicative qui se retrouvent dans ses paroles. "A ma reprise, j’avais des douleurs de vieux absolument partout : raide des chevilles, des adducteurs, des cuisses. Et puis, quinze jours après ma reprise, j’ai réussi à doubler mon premier papy. J’étais comme un gamin, trop content de courir l’esprit libre et libéré, content de sentir que je pourrais, à nouveau, aller vite", a-t-il expliqué.
Si l’envie et la "niaque" sont toujours là, le corps a parfois du mal à suivre, mais cette fois l’Antillais ne veut pas sauter les obstacles trop vite. "Franchement, refaire, sans me prendre la tête cette fois, toutes les étapes, des championnats départementaux, régionaux et interrégionaux, ça ne me dérange pas, bien au contraire", a-t-il admis. Un processus de remise à niveau qui pourrait bien être long puisque le second (sur tapis vert) des championnats du monde 2003 à Saint-Denis part de loin, très loin. Depuis septembre 2006, il n’a couru que cinq 400 mètres et n’est jamais descendu en dessous des 47 secondes. Après cette pige de quelques jours en Espagne, il regagnera la côte d’Azur et son emploi de coach sportif ou ses aides au service des sports de la ville de Nice. "Malgré toutes ces galères, je reste un compétiteur. Je ne me suis jamais déballonné. Et, je compte bien boucler, correctement, mon tour de piste", insiste-t-il. Encore une remontée dont il aurait le secret…
Plus d’infos sur le site spécial championnat d’Europe de France Télévisions
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