Quarante pour cent de la population mondiale peut contracter cette maladie transmise par le moustique aèdes aegypti.
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Les zones concernées sont principalement des zones tropicales où la maladie est endémique : Les Caraïbes, les Amériques, plus de cent pays d’Afrique, la Méditerranée orientale, l’Asie du Sud-est et du Pacifique occidental.
Chaque année l’Organisation Mondiale de la Santé recense près de 100 millions de personnes infectées par la dengue. Environ 500 mille personnes développent la forme sévère de la maladie et sont hospitalisées. La majorité d’entre elles sont des enfants. Près de 20 mille personnes par an décèdent des suites de la maladie. Un chiffre qui pourrait être deux fois plus élevé, car tous les cas ne sont pas recensés.
Ces données ont été revues à la hausse lors d’une conférence mondiale sur le sujet au Japon en octobre 2008. Selon les spécialistes qui ont mené des études sur le terrain, 230 millions de personnes sont touchées chaque année par un des 4 virus de la dengue, 2 millions d’entre-elles, principalement des enfants, développent la forme grave de la maladie.
Transmission de la maladie
La dengue est une maladie virale non contagieuse véhiculée par un moustique. Le moustique aèdes aegypti. C’est d’ailleurs la maladie transmise par une piqure d’insecte la plus répandue dans le monde. Quatre types de virus sont connus. La transmission ne peut se faire d’homme à homme.
Symptômes
La dengue, appelée encore la maladie des « os brisées », car elle provoque d’atroces douleurs musculaires, est très invalidantes dans sa forme classique. Douleurs musculaires et articulaires, fortes poussées de fièvre, maux de tête, nausées, vomissements, éruptions cutanées.
La forme grave de la maladie entraîne des hémorragies qui amplifient les symptômes. Ils sont accompagnés d’hémorragies au niveau des yeux, du nez ou encore d’ecchymoses. Cette forme hémorragique survient en général en raison de la baisse du nombre de plaquettes dans le sang. La dengue hémorragique peut entrainer la mort du malade. Chez l’enfant de moins de 15 ans, cette forme de la maladie peut provoquer une mort rapide.
La maladie évolue sur une semaine à 10 jours et est suivie d’une fatigue qui peut persister plusieurs semaines. Une personne touchée par un type de virus développe des anticorps pour ce virus, mais pas forcément pour les trois autres en circulation. Pour qu’elle soit totalement immunisée, il faudrait qu’elle soit touché par les 4 virus existants ou alors qu’elle soit vaccinée. Sur ce point, il faudra encore attendre.
Moustique vecteur de la dengue ©DR
Traitements
Il n’existe à ce jour aucun médicament spécifique pour soigner les malades porteur du virus de la dengue. Maladie qui peut être mortelle. Les symptômes sont traités avec des antalgiques, essentiellement du paracétamol, le malade doit aussi se reposer. L’aspirine et les anti-inflammatoires doivent être évités pour ne pas provoquer d’hémorragies.
Un vaccin pas avant 2015 au plus tôt.
Deux laboratoires se penchent sur la confection d’un vaccin contre les quatre types de virus de la dengue. Le laboratoire Glaxo Smith Line et Sanofi Aventis. Ce dernier laboratoire basé à Lyon a débuté ses recherches dans les années 1990, pour mettre au point un vaccin contre les quatre types de virus de la dengue. Aujourd’hui l’étude est à la phase de développement clinique avec des tests effectués sur des enfants situés dans des régions très touchées par la maladie, à savoir l’Asie et l’Amérique latine.
D’autres étapes devront être franchies avant une commercialisation du vaccin. Il faudra notamment produire les premiers lots, les soumettre aux autorités de santé afin d’obtenir l’homologation du produit, débuter le processus de fabrication puis passer la phase de contrôle de qualité. 100 millions de doses seront alors fabriquées. Les responsables ne prévoient pas de mise sur le marché, pas avant 6 ans dans le meilleur des cas.
En attendant….
Dans l’attente d’une réponse clinique au développement de la maladie, l’accent est mis sur la prévention.
Prévention au niveau de la prolifération du moustique. Des campagnes de sensibilisation auprès des populations concernées sont menées. Les autorités sanitaires invitent les populations à vider tous objets creux où l’eau stagne. L’eau stagnante favorise le développement du moustique.
Prévention aussi avec le changement de comportements au quotidien. Dans les zones où le moustique se développe, il est conseillé de doter son habitation de moustiquaires, et d’utiliser des répulsifs, voir de se munir de raquettes anti-moustiques.
L’effort doit être fait de façon individuelle, mais aussi collective avec des campagnes de désinsectisation menées par les autorités publiques.
Evolution de la dengue
La maladie circule dans le monde depuis plus de deux siècles. Elle a été décrite pour la première fois en 1779. La première épidémie importante a été observée en 1897 en Australie, puis aux Seychelles, Tunisie, Grèce (1250 morts en 1928 à Athènes). Aujourd’hui la dengue circule dans l’ensemble de l’Asie et en Amérique du Sud pays de la caraïbe compris.
Dans la région Amérique, Antilles françaises comprises, les cas ne cessent de s’accroître depuis près de 30 ans.
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En Amérique latine, les cas annuels ont même été multipliés par 60 entre 1989 et 1993, par rapport à la période précédente (1984-1988).
Dans cette partie du monde, on s’achemine progressivement à une situation hyper endémique, avec la circulation simultanée de plusieurs sérotypes voir des quatre type de virus.
Les autorités sanitaires de cette zone, craignent une situation comparable à celle de l’Asie du Sud où la principale cause d’hospitalisation est due à la dengue.
Situation dans les DFA
Les départements français d’Amérique, Martinique, Guadeloupe, Guyane, font l’objet de surveillance accrue ces dernières années par l’institut de veille sanitaire.
Les données recueillies sur 13 ans (de 1995 à 2008) permettent d’établir deux principales périodes de transmission dans la population antillaise. Une transmission du virus faible durant la saison sèche, et plus élevée durant la saison humide allant de juillet à janvier. Au fil des années, le nombre de virus circulant en même temps, a été multiplié pour arriver à une circulation simultanée des quatre types de virus sur une même saison.
Les cas de dengue sévères enregistrés dans les DFA :
- En Guadeloupe dès la saison 1991-1992 : 39 cas sévères.
Un chiffre multiplié par 4 durant la saison 2008-2009. Cette période là, 3 personnes sont décédées.
- En Martinique, les premiers cas recensés datent de 2001-2002. De 77 cas durant cette période, on atteint les 219 durant la saison 2007-2008. Le nombre de décès est constant. Il est de 4 durant les deux dernières saisons.
- En Guyane, le nombre de malades qui développent la forme sévère de la maladie est moindre. De 1991 à 1992 44 cas, 6 décès. Durant la saison 2005-2006 163 cas sévères, et 4 décès dont 3 enfants.
Le virus de la dengue peut encore muter ce qui pourrait favoriser l’apparition d’épidémies de dengue sévères aux Antilles Guyane. Un cas que les services sanitaires veulent absolument éviter.
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