Le musicien martiniquais Anatole Coppet dit Barel s’est éteint dimanche matin à l’âge de 89 ans au CHU Pierre Zobda-Quitman à Fort-de-France.
Le maître de la clarinette martiniquaise est décédé dimanche. © D.R.
Originaire du Vauclin (commune du sud de la Martinique) Barel Coppet a marqué de son empreinte la musique traditionnelle des Antilles durant plusieurs décennies. Issue d’une famille de musiciens, il avait appris à jouer de la batterie, le saxophone, la clarinette, le piano et l’accordéon.
Après avoir fait le bonheur des mélomanes en Martinique et en Guadeloupe, Barel Coppet, avec son frère Honoré, avait fait les beaux jours de la musique antillaise, et en particulier de la biguine, à Paris et en province, dans l’immédiat après-guerre. Au début des années 50, il devint chef d’orchestre du Bal nègre "Le Blomet" à Paris durant dix ans avant d’aller jouer à la "Canne à Sucre", autre lieu symbolique de la musique antillaise à Paris.
"Une légende et un mythe"
Ces dernières années Barel Coppet avait enseigné son art à plusieurs générations de jeunes Martiniquais.
Dans "l’encyclopédie de la musique traditionnelle aux Antilles-Guyane, de Saint-Pierre à nos jours", parue aux éditions Lafontaine, Aude-Anderson Bagoé évoque "une force, une légende et un mythe" à propos de Barel Coppet, le "dernier des clarinettistes antillais de l’ancienne garde".
A l’annonce de sa mort, qui fait suite à un accident cardio-vasculaire, plusieurs radios de Martinique ont programmé des titres du répertoire de ce compositeur de talent qu’était aussi Barel Coppet.
Le ministre de la Culture Frédéric
Mitterrand a salué lundi la mémoire d’un "gardien éclairé et vigilant"
de la musique antillaise.
Barel Coppet était un "maître et un modèle pour les
jeunes Martiniquais désireux de perpétuer une tradition musicale dont il était
le gardien tout à la fois éclairé et vigilant", écrit le ministre dans un
communiqué.
Ce musicien, qui était "une des figures les plus
brillantes et les plus attachantes" de la musique antillaise, était aussi "une
authentique figure de la vie parisienne" où il était "le roi de la
biguine" dans les années 50, souligne le ministre.
"Aux métropolitains, il faisait alors découvrir une
autre culture, celle des îles, culture indissociablement autre et nôtre", rappelle
M. Mitterrand.
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