La comédienne martiniquaise Jenny Alpha s’est éteinte à Paris à l’âge de 100 ans.
Jenny ALpha © DR
« Une très grande dame qui s’est battue toute sa vie ». « Un modèle » « Une femme exemplaire et porteuse d’espoir ». Sur Radio Martinique, il n’est à peine 10 heures du matin. Les témoignages des auditeurs affluent spontanément à l’annonce de la nouvelle. Jenny Alpha, la comédienne martiniquaise est décédée à son domicile parisien à l’âge de cent ans, à la suite d’une mauvaise chute.
Comédienne, chanteuse et chef d’orchestre
« Admirable », tel est l’adjectif qui revient souvent pour qualifier la comédienne. Et chacun de se souvenir du parcours de cette jeune fille de bonne famille, qui a quitté son île natale pour poursuivre des études en Ile-de-France, afin de devenir institutrice. Rattrapée par sa passion, elle se consacre au théâtre, dans une France coloniale, peu encline aux bons sentiments envers les Noirs. Sa simple couleur de peau l’excluant de nombreux rôles au théâtre, Jenny Alpha se tourne vers la chanson. Cabaret, music hall, avec des mélodies aux rythmes caribéens chantées par sa voix chaude et envoûtante, Jenny Alpha se réalise dans son art, et devient même chef d’orchestre.
Son rôle au théâtre dans « Les Nègres » de Jean Genet à la fin des années cinquante lui remet le pied à l’étrier. Depuis, la comédienne a enchainé les rôles, en Europe, aux Antilles et aux Etats-Unis. Elle a également participé à de nombreux films, dont « la Vieille Quimboiseuse et le Majordome » de Julius Amédé Laou ou encore « Noir comme le souvenir » de Jean-Pierre Mocky.
La Martinique, mais aussi l’ensemble du monde artistique caribéen est aujourd’hui en deuil avec la disparition de la doyenne des comédiennes françaises, ancienne résistante, qui s’est ensuite inlassablement battue pour défendre et populariser la culture créole.
Patrick Karam, délégué interministériel pour légalité des chances des Français d’Outre-mer a rendu hommage à une artiste « emblématique de la Caraïbe » « mémoire du théâtre français » « marquant de sa joyeuse empreinte le monde artistique antillais ».
Les derniers commentaires ( Nombre de commentaires )
cliquez ici

Le journal de MARTINIQUE
