Montré du doigt, les producteurs de banane des Antilles tablent sur une autre forme de production avec la mise en place de banane durable.
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Il n’existe aucun doute : la contamination des sols est liée aux cultures de banane. Selon une étude du bureau de recherches géologiques et minières, BRGM, la corrélation de la contamination avec les cultures bananières est forte aussi bien en Guadeloupe qu’en Martinique. Plusieurs milliers d’hectares sont ainsi contaminés à des degrés divers. Aujourd’hui, impossible de faire un retour en arrière.
A l’UGPBAN, union des groupements des producteurs de banane de Guadeloupe et de Martinique, on se dit touché, concerné, mais pas coupable face aux dégâts causés par ces pesticides.
Interview de Philippe Ruelle, directeur général de l’union des groupements des producteurs de banane.
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Pesticides nuisibles
Les pesticides à base de Chlordécone ne sont pas les seuls mis en cause. Il existe également dans les sols des polluants qualifiés de persistants par l’Inserm et diffusés par des pesticides. Pour limiter au maximum les dégâts, les producteurs ont donc opté pour une nouvelle production, avec moins de pesticides.
Ce mode alternatif baptisé « plan banane durable » est déclenché en décembre 2008. Il rencontre l’adhésion de nombreux producteurs. « Vous savez quand un producteur s’entend dire qu’il est le plus gros pollueur au monde, il a un peu honte, et il droit se remettre en question. C’est ce que la production bananière a fait, on s’est remis en question. On s’est dit halte là. Il ne faut pas effectivement que l’on nous prenne pour des pollueurs. Nous sommes là pour nourrir des gens, nous ne sommes pas là pour tuer des gens » dit un planteur de banane Damien frair, lors de la présentation d’étape du plan banane durable en mars dernier.
Pour la première année d’exploitation, 80 pour cent de la production a respecté le cahier des charges de ce plan. L’union des groupements a prévu de réduire encore de 50 pour cent les pesticides utilisés dans les bananeraies d’ici 2013. Un comportement surveillé par l’un des défenseurs de l’environnement en Martinique Florent Grabin. Le président de l’association « pour une Martinique autrement » est assez satisfait d’avoir pu entrer dans le monde de la banane pour aider au changement de comportement sur les exploitations. « 25 % des terres sont polluées, il faut arrêter l’hémorragie. Le but est d’arriver à zéro pesticide afin d’avoir zéro résidus dans les aliments » dit-il. Un rêve ? Pour l’instant, il n’est pas prêt de se réaliser.
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